La fête de l’Halloween, qui était autrefois une pratique spirituelle, est devenue en grande partie une fête commerciale de nos jours. La mort, un sujet que les Américains n’affectionnent pas particulièrement, est au cœur de cette fête. Les racines historiques de cette célébration sont actuellement masquées par des déguisements en tout genre, de jolis costumes d’avocat en passant par des robes de sorcières aux maquillages sanguinaires.

Halloween a vu le jour mille ans après J-C, lors de la fête de l’Irlande Celtique Samhain, une fête de passage d’une saison à une autre, de la vie à l’au-delà, célébrée à l’automne. Un rituel pour apaiser les esprits, pour régler les dettes. Les Celtes se préparaient à passer à une autre saison tout en ne sachant pas s’ils survivraient ou non à l’hiver. Il s’agit donc d’un genre de reconnaissance de la mortalité imminente, a indiqué Anita Hannig, anthropologue et professeur à l'Université Brandeis, ajoutant que c’est un type d’engagement considéré comme presque frivole aux Etats-Unis. Les différents rituels propres à chaque culture consistent en partie à accepter la mort plutôt que la craindre.

Les fêtes locales des Celtes n’ont pas été bannies au moment où les missionnaires chrétiens romains ont commencé à les convertir. La Toussaint est actuellement célébrée le 1er novembre alors qu’autrefois, cette fête a été célébrée au mois de mai. Cela étant fait pour accoutumer la tradition celtique qualifiée de sauvage de Samhain. Cette dernière étant difficile à apprivoiser, la célébration s’est étalée sur trois jours, à partir de la soirée du 31 octobre, devenue la soirée des reliques en guise des jours saints à venir.

C’est dans les années 1840 que des immigrants irlandais et écossais qui fuyaient la famine ont amené l’Halloween aux États-Unis. Halloween et Samhain, aux influences catholiques, ont partagé plusieurs similitudes avec Día de los Muertos, une fête de la mort du Mexique. Pendant ces jours de fête où la mort est respectée, les gens offraient des crânes traditionnels en sucre appelés calaveras qui ressemblent aux «gâteaux de l’âme» de l’Halloween, comme friandises en échange de prières pour les parents décédés.

Aujourd’hui, l’Amérique moderne ne connaît pas vraiment les rituels de la mort puisque de nos jours, les proches meurent à l’hôpital, à la maison ou dans les maisons de retraite, vraiment différent de ce qui s’est passé dans l’ancien temps. Les services commémoratifs deviennent de plus en plus rares et la commémoration des morts, semblable à la fête des âmes, est pratiquement inexistante. La mort devient moins menaçante car l’Halloween moderne devient une fête divertissante et commerciale. Nous savons pertinemment que les zombies ne sont pas réalistes, et c’est un moyen d’assurance, une forme de sécurité pour tous.

Source: Washingtonpost.com