A la suite d’un affrontement, un français poignarde à mort sa mère et sa sœur. D’après des sources proches de l’enquête, l’homme figurait sur une liste de surveillance des radicaux présumés. Le jeune homme âgé de 36 ans avait été abattu par la police après la fusillade du jeudi 23 août 2018 dans la ville de Trappes. Il aurait de graves problèmes psychologiques.

Le groupe d’Etat islamique a affirmé que l’attaque avait été menée par l’un de ses «combattants», mais le mobile de l’homme reste obscur et les procureurs ordinaires, plutôt que les spécialistes antiterroristes, enquêtent sur l’affaire. Alertée par les voisins, la police a trouvé l'homme, nommé Kamel S., dans la maison de sa mère en train de crier « Allahu Akbar" ("Dieu est le plus grand"), si vous entrez, vous êtes mort. ». Il a quitté la maison les mains cachées derrière son dos et la police l'a abattu après qu'il ait refusé d'obéir à leurs ordres.

Il avait tué sa mère âgée de 71 ans et sa sœur de 49 ans, tandis qu'une troisième victime, un passant de 66 ans, avait été grièvement blessée. Selon une source de son ancienne compagnie, Kamel avait été licencié de son travail de chauffeur de bus en 2016 pour avoir enfreint les règles de neutralité après avoir arrêté son véhicule et fait des «commentaires incohérents» mentionnant Allah. Il a, par la suite, été placé sur une liste de surveillance pour des extrémistes islamistes présumés, bien qu'une affaire pénale pour soutien présumé au terrorisme ait été abandonnée en 2016. L'enquête révèle également une vie de famille compliquée à Trappes, sa ville natale.

Il avait porté plainte contre ses deux sœurs pour détournement de fonds suite à la volonté de son père, mais l'affaire avait été classée l'an dernier, a déclaré une source proche du dossier à l'AFP. Séparé de la mère de ses trois enfants, il vivait chez sa mère, d’après un voisin. Kamel S. a eu différents soucis avec la loi mais seulement une condamnation pénale, en 2003, pour avoir déserté l'armée. Les enquêteurs examinent ses dossiers téléphoniques et informatiques dans l’espoir de recueillir plus d’informations. Le ministre de l'Intérieur, Gerard Collomb, a déclaré jeudi que Kamel S. était mentalement instable, plutôt que quelqu'un qui était engagé, qui répondrait aux ordres d'une organisation terroriste.

Les experts ont mis en garde contre certaines déclarations récentes de l’Etat Islamique prenant la responsabilité d'attaques à travers le monde, les gouvernements et les experts ayant mis en doute plusieurs de ces déclarations. La France est toujours en alerte après une vague d'attaques islamistes depuis 2015, au cours de laquelle 246 personnes ont perdu la vie. Trappes, une ville pauvre avec une importante population musulmane à environ 30 kilomètres au sud-ouest de Paris, est réputée pour sa pauvreté, ses drogues et ses interprétations radicales de l’islam. Environ 50 habitants sont soupçonnés d'avoir quitté la France pour se battre pour l'Etat Islamique en Syrie et en Irak depuis 2013.

Source: Thelocal.fr