L’agence de publicité Dentsu divulgue un plan en huit points pour améliorer son environnement de travail après le suicide d'un employé.

Le géant japonais de la publicité Dentsu Inc. a annoncé que lumières dans leurs bureaux s’éteindront à 22 heures et ordonnerait aux employés de prendre des vacances régulièrement. Une solution prise à la suite du suicide d'un employé qui a déclenché une enquête criminelle du gouvernement. Afin d’améliorer l’environnement de travail, un plan en huit points en guise de mesures à prendre a été révélé jeudi au milieu d'une discussion au Japon sur la réduction de l'éthique de travail extrême au sein de nombreux bureaux d'entreprise.

Le jour de Noël de l’année dernière, une femme âgée de 24 ans travaillant pour Dentsu a sauté d'un dortoir d'entreprise après avoir enregistré plus de 100 heures supplémentaires dans le mois précédant sa mort. Le suicide a été reconnu par les responsables comme étant un cas de karoshi - un terme japonais signifiant la mort par le surmenage - et a conduit les inspecteurs à fouiller les bureaux de Dentsu en octobre dernier pour vérifier si les pratiques de travail illégales étaient répandues. La procédure pénale continue et aucune accusation n'a été déposée.

Selon la firme japonaise, le plan annoncé devrait «redéfinir la culture de l’entreprise» pour assurer de meilleures conditions pour les employés. Ces dernières semaines, les heures supplémentaires ont été réduites et certains principes encourageant le travail acharné conçu par un ancien président, Hideo Yoshida, vont être vus supprimer. Ces principes, écrits en 1951 et précédemment présentés dans des cahiers délivrés aux employés, incluent un texte encourageant les employés de ne jamais abandonner une tâche : « Ne lâche pas, même si tu en meurs».

Le Premier ministre Shinzo Abe a ordonné un examen des pratiques de travail, en essayant de les rendre plus faciles pour les personnes qui s'occupent d'enfants ou de parents âgés afin de garder des emplois réguliers. Près de 23% des entreprises japonaises ont rapporté que certains employés travaillaient plus de 80 heures supplémentaires par mois. Il a indiqué que sur les quelques 24 000 suicides rapportés au Japon l'année dernière, 2 159 pourraient être liés à des problèmes en milieu de travail.

Les experts du monde du travail disent que le surmenage est enraciné dans de nombreuses entreprises et Dentsu n'est pas un cas particulier. Toshihiro Matsumoto, un consultant en travail, a déclaré jeudi que la réponse de Dentsu était un pas en avant, tout en exprimant toutefois son septicisme par rapport au fait si elle mènerait à une refonte à long terme de sa culture. « Éteindre les lumières de bureau n'est pas une solution fondamentale au problème », a-t-il dit.

Ce n'est pas la première fois que Dentsu est accusé d'imposer de longues heures de travail. Un jeune employé de Dentsu s’est suicidé en 1991 et, en 2000, la Cour suprême a jugé Dentsu responsable de sa mort. D'autres entreprises japonaises ont dû faire face à des problèmes similaires. Le suicide d'un employé d'un restaurant de la chaîne exploité par Watami Co. en 2008 a conduit la société à régler 130 millions de yens (1,1 million de dollars) à la famille du défunt.

Source: www.wsj.com